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Espace perso de lilitaJuly 01 Le bonheur est en région parisienneVendredi soir embouteillage pour cause de départ en vacances/weekend. Résultats: 1h45 pour faire 30 km
Samedi matin: grève sur le RER B
Dimanche matin: routes bloquées par les poids lourds. Résultats : 02h pour faire 30 km
Mardi matin: pas de RER A pour cause d'agression du conducteur
Mardi soir: RER B retardée (comme d'habitude...)
La moutarde commence à me monter au nez. Comment rester calme? Je ne m'y ferai décidément jamais...
Un seul conseil, si vous avez le choix, ne venez pas en région parisienne... June 28 L'erreur est humaine... ...Ca arrive souvent?Comme toutes les bonnes choses ont une fin, mes vacances se sont terminées et il m'a fallu reprendre le long chemin du travail. Long car après 1h45 d'embouteillage, j'arrive enfin à destination... No comment
Première surprise dans les vestiaires: je ne rentre plus dans mon pantalon. Je comprends alors où se mettent les kilos que je prends depuis qq semaines maintenant. Donc pas le choix, je prends la taille au dessus, et qu'est-ce que je suis à l'aise!
Me voilà déjà avec une patiente arrivée en même temps que moi, deuxième pare à 6-7 cm selon les transmissions. Très vite je la perfuse, la bilante et la monitore. Elle me fait alors part de son envie de ne pas avoir de péridurale. 15 à 20 minutes s'écoule et la patiente ressent déjà l'envie de pousser. Elle est à dilatation complète. Je reste donc à ses côtés, je l'observe et elle pose cette question que j'ai également souvent eu à me poser « Seigneur Jésus, pourquoi ça fait si mal? »... Qu'il est dur d'être une femme, je l'observe et je devine ce que m'attend ds qq mois...
Les minutes passent lentement, la patiente souffle, gémit et j'ai de plus en plus besoin d'élever ma voix pour attirer son attention, je fixe ses yeux et lui demande de me regarder pour mieux la guider. Nous attendons une petite fille, et durant un court moment de répit, la patiente me précise qu'elle s'appèlera Célina, c'est sa deuxième fille, les affaires sont déjà prêtes sous la rampe chauffante... Mais la douleur revient et la patiente crie. Je lui demande à présent de pousser, la tête n'est pas loin. Elle pousse durant à peine 5 à 10 minutes dans un brouhaha qui ne me laisse pas le choix que de parler tjs plus fort pour qu'elle m'entende, pour qu'elle se sente guider, qu'elle perçoive bien qu'on est là, qu'elle n'est pas seule. L'enfant progresse, notre petite fille va bientôt naitre, elle est très attendue par sa mère qui n'en peut plus de souffrir et qui sait que la douleur cessera une fois sa fille sur son ventre .Ca y est... La tête est dehors, le petit corps suit, je pose l'enfant sur le ventre de sa maman, mes yeux se posent sur le sexe de l'enfant et immédiatement je sens comme une confusion en moi. Il est 20h35, heure de naissance, même pas une heure que je suis arrivée, et je me pose cette question : Ai-je bien écouté tout ce que m'a raconté cette patiente? Mais je ne me laisse pas le temps de la réponse et immédiatement je demande à cette nouvelle maman « on vous avait dit qu'il s'agissait d'une fille? » « Oui!» me répond-elle. Alors je saisis l'enfant que je mets nu devant elle et lui dit simplement « je crois qu'il y a une erreur! ». Effectivement, l'enfant qui vient de naître est un petit garçon. Quelle surprise et quelle bonne surprise pour cette maman qui, enfin soulagée, prend la chose en souriant de joie. Elle était heureuse d'avoir une deuxième petite fille, elle semble encore plus heureuse d'avoir un premier petit garçon! « Ca arrive souvent? » me demande-t-elle, à la fois intriguée et amusée... Je souris. « Non c'est plutot rare! »
Notre bébé se porte bien et je souris une fois de plus lorsque je constate qu'il n'y a, dans le sac de la maman, que des robes d'été et des pyjamas roses. Je souris tandis que la maman est beaucoup amusée. On trouve un petit pyjama rose et blanc que nous enfilons à l'enfant et nous l'enveloppons dans une petite couverture mauve.
Retour dans mon dossier, je regarde les comptes rendu d'écho ou je vois effectivement bien mentionné « organes génitaux de type féminin ». La dernière fois que cette histoire m'est arrivée, c'était en suisse en 2003! C'est toujours surprenant et toujours inoubliable!
June 25 Petit rectificatifAprès observation, j'observe que bcp de personnes sont dirigées ici à partir de différents sites sur lequel je me suis donc rendue afin de voir ce qui se dit.
Et je tiens alors à préciser que je ne travaille pas, et n'ai encore jamais travaillé, ouf, dans une "usine à bébés", tel que je l'ai vu écrit. Mes gardes sont parfois (ou souvent) chargées car nous ne sommes qu'une sage pour une mater qui compte entre 1000 et 1100 naissances par an, mais l'objectif, pour que nous soyons enfin une de plus en garde, est d'atteindre le chiffre de 1200 accouchements par an. Donc dans cette attente il y a des moments pas évidents, et comme dans ttes les mater, petites ou grandes, des coups de bourre... D'ailleurs comme je le dis souvent, heureusement qu'on ne sait jamais ce qui nous attend avant de commencer une garde, car dans certains moments, je crois qu'on ne viendrait pas...
A bientôt. June 20 Entre nous: l'huile d'avocat...Non, non... pas de récit de garde... car tjs en vacances pour encore une semaine... et pas très envie de retourner travailler... mais il va bien falloir... envie ou pas...
Bref, après 5 jours de douleurs dorsales à na pas pouvoir marcher bien loin ni bien longtemps, après des nuits de 10 à 12h (effectivement je n'aurai vraiment pas pu tenir longtemps au Congo...) j'ai dû faire face à des démangeaisons interminables au niveau du ventre, la peau qui tire j'imagine?... Alors j'ai pensé qu'il fallait masser et "graisser" l'abdomen... mais avec quoi? Grande question, 5 jours d'intense prurit (et des douleurs dorsales disparues!) m'ont obligée à partir à la recherche d'une huile ou d'une crème hydratante. J'ai fait plusieurs boutiques, des magasins bio, des grandes surfaces, des magasins chics... et je m'agace de voir que les prix flambent dès qu'il s'agit de produits en rapport avec la grossesse. Alors je me suis lancée à la poursuite des huiles... et après recherche de qq jours j'ai trouvé une huile d'avocat nourrissante, qui peut s'utiliser tant sur le visage, le cou et le contour des yeux en tant que "crème" hydratante de jour...et... elle est recommandée en prévention des vergetures... j'ai jamais trop cru aux crèmes pour la prévention des vergetures, mais face à ce prurit intense il a bien fallu faire qq chose. Donc huile d'avocat pour la maudique somme de 6 euros les 50ml (galeries Lafayette) , sans paraben, parafin, silicone, et allergènes, etc... ou 4.60 euros chez monop', c'est pas la même, cela dit, il n'y a surement pas gde différence et ça reste moins couteux que le plupart des crèmes anti-vergetures faites spécialement pour la grossesse (environ 20 euros...)...
A suivre... June 04 Qui suis-je?Début de garde très calme où il n'y a pas une patiente en salle. Mais les heures passent et très vite les salles se remplissent. J'accepte un transfert en début de nuit, MAP à 31 SA. Entre temps je place en salle de naissance 2 patientes primipares en début de travail à qui on pose des péridurales. Mais à peine la deuxième péri est posée que ma collègue passe sa tête par la porte. Je comprends alors que le transfert que l'on attend est arrivé. « Non » me dit-elle « tu as une entrée: patiente troisième pare à 8 cm. » Sur ces paroles je comprends que je vais avoir du boulot cette nuit. Me voilà avec 3 patientes en travail, un transfert que j'attends toujours. J'examine la nouvelle patiente arrivée. Une africaine excisée. Elle est a dilatation complète, je romps la poche, elle accouche 15 minutes après d'une belle petite fille. J'ai fait une épisiotmie. J'ose lui demander ses origines même si je m'en doute déjà, du fait de son excision. Je ne me trompe pas. Je lui explique qu'il y a des points à faire et qu'une épisio a été nécessaire en raison de son excision. « L'excision m'en fait vraiment voir! », lâche-t-elle. Je ne sais quoi dire. Justement en début de nuit nous parlions de la prévention à faire à ces femmes qui donne naissance à des petites filles. Je ne sais comment m'y prendre. Je ne dis rien. J'ai sûrement tord.
Pendant la naissance de notre première petite fille de la nuit, le transfert est arrivé et ma collègue prend la patiente en charge, Dieu merci, car j'ai encore mes deux patientes primipares en travail qui se dilatent finalement assez vite.
La nuit passe doucement puis j'entends soudainement ma collègue m'appeler dans les couloirs en hurlant. « Donne moi un plateau d'accouchement, une femme accouche aux urgences ». Ma collègue part dans la précipitation et revient finalement avec la patiente, une primipare très algique à dilatation complète. Nous n'avons plus de salle de naissance de disponible. Nous l'installons donc en salle de consultation, je la perfuse et l'installe pour son accouchement. Mais l'enfant est haut. J'ai le temps d'aller rapidement faire le point avec mes deux autres patientes qui sont également à dilatation complète. Il y a un dilemme. Me voilà seule avec 1 accouchée et surtout 3 patientes primipares à dilatation complète, toutes trois ayant envie de pousser. J'appelle ma collègue qui revient et je lui propose de rester avec la patiente en salle d'examen tandis que le rythme cardiaque du bébé décélère mais je ne le sais pas encore. Quant à moi me voilà seule pour deux patientes. Nous rapatrions le personnel du service... Elles ne sont que deux... Et nous demandons à une infirmère de pédiatrie de descendre dans le service des accouchées au quel cas il n'y aura plus personne. Par quelle patiente dois-je commencer? Je sens le regard d'un des futurs papas qui pèse sur moi. Comme si il souhaitait que je prenne rapidement une décision, ou bien peut être espère-t-il que je commence par l'accouchement de sa femme? Et après réflexion, je commence effectivement par sa femme. D'une part le pousse seringue de la péri est terminé depuis plus d'une demi-heure, d'autre part le rythme du bébé a été sub-tachycarde une trentaine de minutes avec une température maternelle qui commence à monter.
Nous nous installons donc et après 30 minutes de poussées intenses l'enfant nait et présente une détresse respiratoire. Le coeur est bon mais l'enfant geint, reste hypotonique qq temps. Nous le ventilons une minutes puis le laissons sous oxygène. Les lactates sont un peu élevés, l'enfant désature. J'appelle la pédiatre car le temps presse malheureusement pour moi, je dois délivrer la patiente et ouf, je n'ai que 3 points à faire au niveau du vagin. La pédiatre est rapidement sur place et je lui passe le relai tandis que je vois le gynéco me demander si tout va bien. Ma collègue sage a dû l'appeler pour la patiente qui accouche en salle d'examen. Ma collègue AP passe sa tête par la porte de la salle d'accouchement et, tandis que je mets ma patiente, dernière accouchée, au propre, je lui demande déjà d'installer la 3e patiente dans les étriers afin que nous la fassions pousser tout de suite. Soudainement je me demande qui je suis(?) et je me rend compte de ma parole déplacée devant cette nouvelle accouchée qui pourrait avoir, pour le coup, l'impression d'être un numéro, comme si finalement je disais «Au Suivant! ». Qui suis-je? A cet instant, je n'ai plus l'impression d'être sage, mais simplement charcutière, si je puis me permettre? Comme si les patientes avaient un ticket et que je les aidais à pousser les unes après les autres pour leur accouchement. Je constate simplement qu'il n'y a pas eu de naissance depuis 3 jours et il suffit que je vienne bosser pour en faire 4 dans la nuit et un transfert que je n'ai finalement même pas eu le temps de voir. « Tu as placé la patiente dans les étriers? » dis-je à ma collègue AP en sortant de la salle de naissance du dernier accouchement. Le médecin m'entend et sourit, il semble s'étonner de ce côté autoritaire qu'il n'a encore jamais vu en moi. Suis-je autoritaire? Je ne crois pas, mais je n'ai pas le choix, il y a du boulot, il faut bosser. Et je pense à cette future maman qui attend certainement impatiemment le moment de pousser pour enfin faire la plus belle rencontre de sa vie.
Me voilà donc devant cette quatrième patiente qui pousse et fait naître son enfant en 5 minutes... forcément depuis le temps qu'elle était à dilatation complète, au moins son enfant a eu le temps de descendre correctement. Voilà une maman ravie, un bébé bien sage qui ne me laisse pas tellement entendre sa voix, mais qui malgré tout se porte très bien. Petite déchirure à suturer, c'est très rapide et je la ré-installe. Il me reste alors tous mes papiers à faire, et si je me dépêche j'aurai certainement le temps d'aller prendre un petit déjeuner. La pédiatre m'avertit que l'enfant pour lequel je l'ai appelé doit partir en néonat. Je suis déçue pour sa maman mais pas reellement inquiète.
Fin de nuit, retour à la maison. Je dors mal, seulement 04h30 de temps et me voilà déjà de retour à 20h tapante. Jai une seule patiente en début de nuit qui a rompu et qui commence à contracter mais son col n'est qu'à un doigt.
Je mange tant que je n'ai que cette patiente, sait-on jamais? Et la nuit me dira que j'ai finalement eu raison car j'enchaine tantôt les consultations, tantôt les patientes en début de travail qui souhaitent une péridurale. Je suis fatiguée mais je n'ai pas le choix. Je décide d'aller à mon rythme. Me voilà déjà avec deux patientes en début de travail sous péridurale et une troisième qui n'a pas droit à sa péridurale pour cause de coagulation perturbée, et, oserai-je l'avouer?.... obésité... Je la place malgré tout en salle de naissance car elle semble algique et se dilate correctement. Je fatigue. Vers 04h du matin, je souffle un peu, assise devant mon bureau je sens mon bébé qui remue, qui bouge, il a l'air en forme lui; il me redonne en tt cas un peu de force, et surtout le sourire.
Nouvelle consultation, une patiente qui a rompu mais qui n'a pas de contraction. Je l'hospitalise. Mes patientes se dilatent rapidement mais je fatigue. Je sais que mes deux patientes sous péridurale n'accoucheront pas avec moi. En revanche je ne suis certaine de rien pour la primipare sans péridurale. N'ayant pas de péri je ne peux que lui souhaiter d'accoucher rapidement afin de limiter la durée de la douleur, mais étant fatiguée pour ma part, je souhaiterai malgré tout que ce ne soit pas pour moi. C'est pourtant une patiente agréable, et je prend plaisir à l'aider, mais je suis juste fatiguée. Trop tard! Ce n'est pas moi qui choisis, j'entends ma collègue m'appeler « Elle a envie de pousser ». Nous nous installons donc, effectivement, elle doit avoir bien mal vu la vitesse à laquelle vont les choses. Alors je n'ai pas le choix. Il est 06h30 passé et je fais ce que je n'ai alors jamais fait. Je m'empare des deux lourds étriers à la fois et je ressens au moment où je me redresse une crampe intense dans le bas ventre. Je m'assois. Ma collègue installe la patiente. Je sors de la pièce et je pars chercher 4 suppos d'antispasmodique que je glisse dans la poche de ma blouse. Il me reste moins d'une heure, je les mettrai à la maison si besoin. La patiente pousse et l'enfant nait à 07h20. La patiente est ravie et moi je ne détache plus mes yeux de ce nouveau papa du jour qui pleure d'émotion, c'est très touchant un homme qui pleure et c'est dans ces moments précieux que j'apprécie le plus mon métier . Je félicite la maman, elle a été courageuse. Son enfant se porte bien. La délivrance a lieu rapidement, je craignais un macrosome j'avais donc anticipé avec une délivrance dirigée. Je suture l'épisiotomie que j'ai dû faire mais avec l'anesthésie locale la patiente dit ne rien sentir. Voilà une patiente tellement contente de son accouchement, qu'elle me transmet rapidement sa joie. Elle est tellement soulagée depuis que son enfant est né. Elle me remercie. Je la félicite à nouveau. Ma relève arrive et je lui laisse donc deux patientes en travail, une acouchée et une patiente qui a rompu mais qui n'est pas en travail. Je termine mes papiers je reste donc un peu plus lgt que prévu. Ce matin ,il n'y a pas de temps pour un petit déjeuner. Je salue toutes les patientes que je laisse et qui me remercie chaleureusement. Je suis touchée et étonnée car je n'ai pas l'impression de les avoir tellement aidé. Mais elles ont l'air contente. C'est bien cela le principal. Quant à moi, je rentre enfin, le ventre toujours un peu tendu. Me voilà au début d'un mois de vacances. Et avec ces douleurs au bas ventre je comprends enfin, mieux vaut tard que jamais, que j'ai bien fait d'annuler la mission au Congo. A suivre.
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